Ce premier article encyclopédique est dédié au film qui m'a donné cette envie de réaliser des détournements, un film qui demeure introuvable dans le commerce, car jamais commercialisé, malgré une des distributions les plus prestigieuses du cinéma. Jugez plutôt :
Lauren Bacall, Jacqueline Bisset, Charles Bronson, Angie Dickinson, Henry Fonda, Clark Gable, Dustin Hoffman, Burt Lancaster, Dean Martin, Robert Mitchum, Paul Newman, Elvis Presley, Robert Redford, Randolph Scott, Frank Sinatra, James Stewart, Spencer Tracy, Lana Turner, John Wayne, Orson Welles... etc.
Le pitch : George Abitbol (John Wayne), détenteur du titre de "l'homme le plus classe du monde", meurt au début du "film" et ses dernières paroles sont mystérieusement : "Monde de merde"... Les journalistes Steven (Robert Redford), Dave (Paul Newman) et Peter (Dustin Hoffman) sont alors chargés d'enquêter et d'en trouver la signification en recueillant les témoignages de personnes ayant côtoyé Abitbol, selon un schéma de flashbacks explicitement inspiré de Citizen Kane.
À l'intention des rares quidams qui ne connaîtraient pas encore cette œuvre culte, petit rappel : ce "film", fruit d'un travail de montage de dingue, a été réalisé en six mois à partir d'une multitude de séquences de différents films de la Warner, dont notamment Les Hommes du président, qui en forme la colonne vertébrale.
Ses dialogues et la bande son ont été refaits entièrement par une bande de "ouf-malades" officiant à l'époque sur Canal+. Il s'agissait en fait de leur troisième essai. L'histoire de La Classe américaine débute en fait en 1992 :
À l'occasion de la journée de la télé sur Canal+, Robert Nador souhaite produire un film de montage parodique avec des images d'archives, qui serait programmé pour les fêtes de fin d'année. Il appelle d'abord Alain Chabat, qui décline la proposition par manque de temps. Mais ce dernier glisse alors le nom de Michel Hazanavicius, avec qui il compose les sketchs des Nuls. Celui-ci accepte la proposition de Nador.
Le producteur met en relation Hazanavicius et Dominique Mézerette. Les deux hommes écrivent un premier détournement baptisé Derrick contre Superman. Le titre suffit à montrer la loufoquerie de ce premier projet, et le résumé qu'en fait Michel Hazanavicius aussi : "On a fait ce petit programme de 15 minutes où on a pris des héros de séries télé comme Maigret, et on les a fait péter et dire des conneries tout en gardant les images d'origine."
Après un deuxième court-métrage réalisé la même année, en 1992, Ça détourne aka Le Triomphe de Bali-Balo aka La Splendeur de la honte, Robert Nador propose un projet de taille au duo, qu'il leur promet même de diffuser en salle pour les convaincre de s'engager.
Nous sommes en 1993 et Canal+ souhaite rendre hommage au cinéma américain. La Warner délivre alors imprudemment l'autorisation, signée de la main du patron de la Warner "Monde", d'utiliser les extraits de son catalogue (environ 3000 titres) afin de réaliser un petit film parodique et promotionnel, avec néanmoins quelques recommandations : ne pas toucher, entre autres, ni à Eastwood ni à Kubrick. Pour le reste, totale liberté.
C'était, à l'époque, sous-estimer le potentiel délirant de l'humour Canal+ (Les Nuls, Les Guignols, Cul un mouton toussa), et de Michel Hazanavicius et Dominique Mézerette.
Leur tour de force fut de s’adjoindre les services des véritables doubleurs de l’époque pour les personnages détournés : Raymond Loyer (doubleur attitré de John Wayne), Marc Cassot (voix de Paul Newman) et Roger Rudel (la voix familière et nasillarde de Kirk Douglas et Richard Widmark, entre autres).
Ces choix furent déterminants pour le réalisme du film.
Ces respectables vieux doubleurs ont sans doute vu là une occasion de bien se marrer, tout en se libérant du poids de l’étiquette de leurs personnages.
À leurs côtés, des personnalités nettement moins académiques ont également participé à l’aventure, notamment Jean-Yves Lafesse, Alain Chabat et Dominique Farrugia.
Au final, le résultat s’avère bluffant, l’illusion est parfaite, et la claque fut magistrale pour les quelques privilégiés incrédules (bibi y compris) qui avaient Canal+ le soir du 31/12/93, date de la première diffusion.
On n’avait encore jamais entendu John Wayne, avec sa vraie voix, sortir des répliques à la con du genre :
Peu de gens ayant pu enregistrer sur leurs magnétoscopes les deux ou trois rediffusions des semaines suivantes, cet OVNI est rapidement devenu rare, confidentiel et underground : un objet de culte par excellence, dont la légende ne pouvait désormais se transmettre que par le bouche-à-oreille et les projections privées.
Dix ans plus tard, nos vieilles cassettes VHS fatiguées étaient sur le point de rendre l’âme après trop de rembobinages, quand fut mis au point le peer-to-peer (téléchargement illégal par le partage de films stockés sur nos disques durs, notamment grâce au logiciel eMule).
Cette invention inespérée permit de sauvegarder ce chef-d’œuvre en péril et de le diffuser auprès d’une nouvelle génération.
Le film n’existe pas en DVD ou VHS dans le commerce, essentiellement en raison des multiples, coûteux et problématiques droits d’auteur nécessaires.
Ce n’est finalement pas plus mal : le trouver en DVD en grande surface, avec ses petits bonus et ses featurettes, démystifierait une bonne partie du mythe.
Pendant quatre mois, Hazanavicius et Mézerette visionnent les classiques Warner à longueur de journée, sans le son, et sélectionnent les passages en fonction de ce qu’ils lisent sur les lèvres des personnages.
"Il y a un extrait qu'on voulait absolument conserver. On y voyait Charles Bronson jouer un Indien. Sans le son, on avait l'impression qu'il disait 'Chips'. Ce passage n'avait aucun intérêt, mais il était très drôle", raconte Michel Hazanavicius.
Restait le plus difficile : organiser cette banque d'images.
"On savait que le film était programmé pour le jour de Noël et il fallait qu'on trouve un scénario", se souvient Michel Hazanavicius. "On a donc étalé toutes nos notes par terre, chez moi. Sur deux pièces, y'avait des trucs partout, et on s'est dit : voilà, avec toutes ces conneries, qu'est-ce qu'on fait ?"
Avec le catalogue Warner, on avait plein de séquences dans lesquelles jouaient de grands acteurs. On a pensé au mythe John Wayne... La classe.
On a également pensé à la trame de Citizen Kane, une construction en escargot, avec des flashbacks qui racontent la vie d’un homme. Des journalistes rencontreraient des proches de John Wayne (George Abitbol dans le film) et tenteraient de comprendre pourquoi, au moment de mourir, il avait dit : 'Monde de merde'."
Voilà La Classe américaine : un film de 1h20, créé à partir d’extraits de plus de 80 films du catalogue des studios Warner Bros, redoublés par les voix françaises des plus grands acteurs américains, organisé autour d’un scénario inspiré de Citizen Kane, avec le plus beau casting jamais réuni.
Dit comme cela, ce film ne semble pas bien légal, d'autant que les deux compères n'ont jamais payé pour utiliser ces extraits. Et pourtant, aussi étonnant que cela puisse paraître, Dominique Mézerette et Michel Hazanavicius n'ont jamais fait l'objet de poursuites judiciaires, ni même de menaces de la part d'avocats défendant les intérêts de la Warner.
Comment ont-ils échappé aux dents des requins défendant l'un des plus grands studios américains ? Par un heureux concours de circonstances. Michel Hazanavicius se souvient :
"Le patron de Warner nous avait autorisés à utiliser le catalogue de son studio pour faire un pseudo-hommage au cinéma. Quand les dirigeants ont vu notre truc, qui n'était pas du tout un hommage au cinéma, mais un truc de sagouin, ils se sont dit : 'On s'est engagés, c'est bien, on l'a fait. Maintenant, on le diffuse une fois, et après on met les bandes sous clé.' Le film n'aurait le droit qu'à une unique diffusion."
Sauf qu'on a chopé un exemplaire, que des mecs de Canal aussi, et que des téléspectateurs l'avaient enregistré. Le film s'est alors échangé sous le manteau.
Pour Dominique Mézerette, Warner ne pouvait se lancer dans une procédure judiciaire : "C'est eux qui avaient commis une faute en nous laissant utiliser leurs images. Dans cette histoire, il y a eu une succession de conneries." Une connerie, c'est aussi ce qu'est La Classe américaine pour le duo. Rien de plus. "Avec ce film, nous n'avons pas fait un rond. Canal, non plus. La Warner, non plus, tout le monde s'est retrouvé marron. Je crois qu'à l'arrivée, les seuls qui ont fait un peu d'argent, ce sont les marchands de tee-shirts, qui imprimaient des répliques dessus."
Même sans faire de bénéfice, le principe du détournement est nécessairement lié à celui du piratage. Au début des années 90, le phénomène ne connaissait pas l'ampleur qu'il a prise aujourd'hui. YouTube, c'était le bon vieux magnéto, le fichier .avi, une VHS difficile à envoyer à des dizaines de personnes, si ce n'est dans des enveloppes dûment timbrées. Mais les deux phénomènes vont de pair.
Que pensent d'ailleurs les deux réalisateurs du téléchargement illégal ? Pour Michel Hazanavicius, le piratage ne tue pas forcément la création. "C'est plutôt quelque chose qui permet à tout le monde d'avoir accès à la culture. C'est compliqué de donner un outil aux gens qui leur permet de découvrir la culture gratuitement, puis après de leur dire qu'il ne faut pas s'en servir."
Dominique Mézerette est, lui, plus catégorique encore : "Je suis convaincu que le droit d'auteur est une imposture. Le piratage est nécessaire. Cette loi, j'espère qu'elle ne verra jamais le jour."
Extraits de l'interview de Matthieu Deprieck et Clément Sautet pour l'express.fr.
Un DVD non-officiel de la meilleure qualité possible circula alors sur le net, suite à l'emprunt temporaire et discret du master dans la vidéothèque de Canal+ par deux stagiaires, comme en témoigne en 2004 "Deul" sur le forum thisisnotawebsite (aujourd'hui disparu) :
"J'avais découvert et enregistré ce truc sur Canal il y a une dizaine d'années, et avec ce fameux pote, on avait vraiment flashé sur le concept. On avait bien réussi, il y a 4 ans, à récupérer un vidéo CD fait à partir d'une vieille VHS, mais rien de bien terrible. Et en fait, l'an dernier, j'ai commencé à bosser pour Canal+ (je brouille volontairement certaines infos, ce film étant interdit de sortie de la vidéothèque). J'étais en train de faire une recherche sur un programme dans leur base de données, et j'ai lancé une recherche sur 'La Classe américaine'... la bande était bien là, et étonnamment, j'avais les droits d'accès ! J'ai fait une demande de sortie de bande, et 10 minutes après je l'avais (en Digital Betacam s'il vous plaît)... Avec en prime Derrick contre Superman !!! Deux heures après, j'avais fait la copie des deux sur DV et beta. La suite (menu DVD, encodage, etc.) c'est le pote qui s'en est chargé, c'est son taf, donc c'était pas trop un problème. En ce qui concerne la mise en ligne, je ne sais pas qui l'a fait, mais je soupçonne fortement des mecs chez Mediavision (ce sont les premiers à l'avoir eu en main)."
Le samedi 11 avril 2009 à 20h, une soirée historique a eu lieu au Centre Pompidou dans le cadre du festival Hors Pistes.
En effet, pour la première fois, La Classe Américaine a été projetée dans une salle pleine à craquer, en présence de ses deux créateurs.
C'était la communion de toute une communauté avec Michel Hazanavicius et Dominique Mézerette, qui ont répondu aux questions des fans sur scène avant la projection.
Merci à Mériadeck, notre intrépide reporter, pour avoir immortalisé cette soirée en images.
Interview lors de cette soirée D'Hazanavivius et Mezerette R.i.p par Telerama
(A la fin de la seance a été projeté un "Best of" des detournements de votre serviteur (ndlr avec Hazanavicius assis au premier rang je peux mourir tranquille maintenant)
ce fut egalement l'occasion de rendre hommage au titanesque travail de restauration entrepris par Sam Hocevar a partir des blue-ray et dvd n'existant pas a l'epoque.
( Projet d'identification des films qu'on avait deja entrepris en mai 2005
sur le topic : "Le Grand Détournement ce topic n'est pas un topic sur le cyclimse" du forum hardware.fr, mais vite abandonné du fait de la difficulté a identifier certaines scenes, notamment celle, devenu celebre dite "de l'horloge", sur laquelle Sam et la communauté ont buté durant des années.
elle provenait en fait d'un episode de... "Maigret" (produit par robert nador? ) et non d'un film de la Warner !
A l'heure actuelle (2012) la restauration de sam est terminée a 99%, seul le film "Drum Beat" avec charles bronson (on va manger des chips) n'a pas encore été
reedité en dvd.
les amateurs pourront se procurer sur Ebay le livre d'exercices isometriques que lit Dave a 00:31:22
(a laisser trainer negligemment sur sa table de salon en attendant que qq s'en saisisse pour pouvoir sortir :
- " tu poses mon bouquin d'exercices isometriques tout de suite !"
Enfin, si vous êtes un puriste "Taliban", attention à ne pas céder à la tentation (sous prétexte d'afficher votre appartenance à une tribu) d'acheter des t-shirts ou des casquettes sur ce site : XXXX
(Je ne leur ferai pas de pub en mettant ici un lien.)
Ce site se fait du fric sans aucune légitimité en récupérant les visuels et répliques cultes du Grand Détournement : Sheraf, le Orlando's, Monde de merde, Cyclimse, etc.
(En plus, quand on écrit Georges au lieu de George (se référer au générique du film) tout ce qu'on mérite, c'est de choper une méga-chiasse.)
La Dialectique peut elle casser des Briques , - René vienet 1973
René Vienet est expulsé de Chine en 1966 alors qu’il y est étudiant, pour avoir osé dénoncer le totalitarisme et la mystification de la Grande Révolution prolétarienne. Il rejoint Paris et devient, avec Guy Debord, l’un des maîtres à penser du journal de l'Internationale Situationniste, qui, à la veille des événements de 68, est l’un des courants les plus virulents.
Sorte d’idéologie d’anarchistes intellectuels de Saint-Germain-des-Prés, le situationnisme critique les dérives de notre société de consommation capitaliste et prône une révolution permanente de la vie quotidienne, en remettant en cause chaque ambiance et situation momentanée de l’existence.
Le détournement cinématographique est notamment un moyen de l'exprimer. Après avoir publié de nombreux ouvrages sur la Chine Populaire, René Vienet s'y essaiera avec ce détournement d'un film de kung fu de 1972
"La dialectique peut elle casser des briques?" en détourne les dialogues d'origine en faisant appel a de nouveaux doubleurs
On peut dire que c'est le premier "grand détournement" du cinema français dans le sens ou on l'entend aujourd'hui
(Notons dans les doublages la présence de Patrick Dewaere et de Jacques Thebault (la voix de Robert Conrad ou encore Patrick McGoohan)
"Directed" by the French situationist Rene Vienet, this film is an exercise in intellectual absurdity. A Hong Kong martial arts movie overdubbed with French political diatribes and philosophies, designed to entertain and amuse, while proving a number of artistic and political points. The "story"details
the epic battle between the proletariats and the bureaucracy, with a martial arts school as the utopian commune.
Filled with amazingly absurd humor and political satire that will make you feel all intellectual inside, it’s an amazing combination of near slapstick comedy andGodardian experimentation.
In many ways it seems that Vienet was trying to make some very important statements, such as the way cinema feeds ideology and his intense anger over the sad failure of socialism.
It is also considered theonly remaining film vision of the situationist's technique, détournement - the diversion ofalready existing cultural elements to new subversive purposes. But overall, this comes off as a kind of Mystery Science Theatre for fans of Guy Debord and Wilhelm Reich. www.5minutestolive.com
j'aime bien mettre des textes en anglais , ça fait tout de suite plus serieux
"[...] Il va de soi que l'on peut non seulement corriger une oeuvre ou intégrer divers fragments d'oeuvres périmées dans une nouvelle, mais encore changer le sens de ces fragments et truquer de toutes les manières
que l'on jugera bonnes ce que les imbéciles s'obstinent à
nommer des citations [...] "
( mode d'emploi du détournement - Guy Debord 1956 )
Reflexion visionnaire qui avait deja il y a 50 ans défini les bases du détournement.
Guy Debord, sociologue, théoricien révolutionnaire et fondateur du courant situationniste, est, entre autres, l’auteur de six films réalisés entre 1952 et 1978.
Ces films posent les premières bases du détournement, qui consiste à se réapproprier une œuvre en donnant à l’image un sens différent de celui voulu par l’auteur d’origine.
Techniquement, il n’emploie pas la méthode du doublage, mais utilise une voix off sur des films publicitaires insipides ou des films hollywoodiens des années 40-50.
La théorie de Debord est que, après l’échec de toutes les révolutions prolétariennes et la tendance du capitalisme moderne à devenir avant tout une industrie du spectacle, seul le détournement du spectacle peut vaincre le capitalisme.
Il n’avait cependant pas prévu que l’industrie du spectacle intégrerait dans le spectacle lui-même son propre détournement.
Fidèle à ses convictions, Debord interdira lui-même la projection en salle de ses films en 1984.
Au début de son dernier film, In girum..., Debord commence par déstabiliser le spectateur en lui renvoyant à l’écran son propre reflet et en l’avertissant qu’il ne trouvera au cinéma qu’un mensonge, et non l’évasion qu’il était venu chercher :
« Je ne ferai, dans ce film, aucune concession au public. »
Il poursuit en expliquant sa démarche :
« Ainsi donc, au lieu d'ajouter un film à des milliers de films quelconques, je préfère exposer ici pourquoi je ne ferai rien de tel. Ceci revient à remplacer les aventures futiles que conte le cinéma par un sujet important : moi-même. »
Et d’ajouter, avec provocation :
« Oui, je me flatte de faire un film avec n’importe quoi, et je trouve plaisant que s’en plaignent ceux qui ont laissé faire de toute leur vie n’importe quoi. »
Puis la caméra s'attarde longuement sur des images publicitaires censées représenter le bonheur à travers la consommation et l'accumulation de biens matériels. Cependant, la voix off de Guy Debord en détourne le sens originel, les transformant en une critique acerbe de la société du spectacle.
"Ce sont des salariés pauvres qui se croient propriétaires, des ignorants mystifiés qui se croient instruits, et des morts qui croient voter."
"Ils ressemblent beaucoup aux esclaves, car ils sont parqués en masse, à l’étroit, dans de mauvaises bâtisses, insalubres et lugubres, et mal nourris d’une alimentation polluée et sans saveur..."
"Leur statut peut être plutôt comparé au servage, parce qu'ils sont exclusivement
attachés à une entreprise et à sa bonne marche, quoique sans réciprocité en leur faveur, et surtout parce qu'ils sont étroitement astreints
à résider
dans un espace unique. Le même circuit des domiciles, bureaux, autoroutes, vacances et aéroports toujours
identiques "
Temoignage de stephanie granel, Monteuse du film "in girum imus nocte et consumimur igni " a l'occasion de la sortie de l'integrale " Guy Debord cineaste
(...) nous partions en projection: Guy Debord avait demandé des copies de certains films à son ami et producteur, Gérard Lebovici, qui possédait une salle à Paris. Ensemble, nous regardions Les Enfants du Paradis (Carné), La Charge de la Brigade légère (Michael Curtiz),
etc.
Debord signalait les passages qu’il voulait utiliser, et Alice les notait. Ensuite, nous foncions en salle de montage, dans les labos GTC à Joinville-le-Pont et nous convertissions tout en 35 mm, format 1.33 - format des premiers écrans de télévision, assez carré.
Le temps de faire une copie, bien sûr, un ou deux jours s’écoulaient. Les films étaient donc « empruntés à long terme » aux distributeurs ou aux ayants-droits, sans leur accord et sans qu’ils sachent que nous en utilisions des extraits. Puis les films leur étaient
rendus. Debord procédait à ce vol de façon manifeste
et volontaire, sans doute car il estimait que personne n’avait à revendiquer la propriété d’une image. Et Lebovici était complice, il savait qu’il prenait un risque" (propos receuillis par Benjamin Bibas fluctuat.net )
NDLR : En trompant la Warner quant à la véritable intention de leur projet, Hazanavicius et Mézerette ont, en quelque sorte, perpétué l'esprit de Debord des décennies plus tard. Ils lui rendent d'ailleurs hommage en l'associant au générique, ainsi que de manière plus discrète dans Derrick contre Superman, avec cette devinette quelque peu capillotractée :
"Est ce que vous connaissez le vrai prenom de Matt Houston ? parce que Matt c'est bidon, son vrai prenom c'est Gédebord Houston, parce que "j'ai des beaux roustons
What's up Tiger Lilly
( Lilly la tigresse ) Woody Allen 1966
Le véritable ancêtre de La Classe américaine ? Le premier film de Woody Allen en tant qu'auteur, récemment sorti en DVD. Ce n’est pas un chef-d’œuvre de finesse comme ceux auxquels l’auteur nous a habitués, mais plutôt une expérience délirante.
L’histoire : Phil Moskowitz se lance à la recherche d’une recette de salade d'œufs durs dont dépend le sort du monde. Il devra affronter une bande de Yakusas déchaînés. Ce projet lui a été proposé par le producteur Ben Shapiro, qui détenait les droits du long-métrage. Woody Allen a racheté un film d’espionnage japonais intitulé Kokusai Himitsu Keisatsu: Kagi No Kagi (1965), réalisé par Senkichi Taniguchi, et a remplacé les voix par les siennes et celles de ses amis, sans trop se soucier de l’histoire originale (la recherche d’une machine cryptographique). Résultat : une parodie complètement folle de film de gangsters.
À voir en VOST, car l'humour de Woody Allen et ses références ne supportent pas toujours la traduction française. Les doubleurs incontournables de l’époque, trop académiques (Francis Lax, Jacques Thebault, Raymond Loyer), ont eu du mal à s’adapter à cet exercice complètement décalé.
Lily la Tigresse a été désavoué par Woody Allen à sa sortie. Le futur cinéaste a même attaqué en justice son producteur pour empêcher la sortie du film en salle. Celui-ci avait fait des modifications jugées déplacées par le dialoguiste. Plusieurs répliques ont été modifiées lors de la sortie vidéo américaine, mais Woody Allen a finalement retiré sa plainte, en raison du succès critique du film.
À noter : Woody Allen en profite pour intégrer des intermèdes musicaux de ses amis, l’orchestre des Lovin' Spoonful.
Le générique de fin mérite aussi une mention spéciale : affalé sur un divan, Woody Allen croque une pomme aux côtés d’une strip-teaseuse à la poitrine avantageuse, tandis qu’un texte défile. Ce texte annonce de manière très classique : "Toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant... etc." puis ajoute que si vous avez lu ce texte au lieu de regarder la strip-teaseuse, vous devriez consulter un psychanaliste… ou alors un opticien, et le texte propose un petit test de vue improvisé.
Derrick contre Superman
michel Hazanavicius - Dominique Mezerette 1992
Conçu et réalisé par Michel Hazanavicius et Dominique Mézerette, un an avant le grand détournement, ce court-métrage, produit par Eve Vercel et Robert Nador, a été diffusé sur DUNE/Canal+. D'une durée de 16 minutes, il met en scène les voix de Evelyne Grandjean et Patrick Burgel.
Le montage est composé d'extraits de séries et de programmes populaires de l’époque, tels que Derrick, Les Aventures de Superman, Dynastie, Starsky et Hutch, Matt Huston, Le Petit Train de la Mémoire, Le Prisonnier, Drôles de Dames, Kung-Fu, Les Chevaliers du Ciel, Côte Ouest, Amicalement Votre, Le Saint, Maigret et Belle et Sébastien.
Le pitch : Derrick, dans sa quête de recréer une nouvelle chaîne télé, "La 5" (succédant à la précédente version de Berlusconi qui a connu un destin tragique), se lance dans une aventure où il devra faire appel à différentes personnalités. Mais ses plans sont rapidement menacés par des héros emblématiques de M6, tels que Superman, Roger Moore (alias James Bond) et Patrick McGoohan (le Prisonnier), qui tenteront de le contrecarrer.
Le Triomphe de Bali Balo
michel Hazanavicius - Dominique Mezerette 1993
L'Invasion des Pervers Polymorphes ou La Splendeur de la Honte, diffusée sur Canal+ lors d'un spécial "Ça Cartoon", rebaptisé pour l'occasion "Ça Détourne", visait un public jeune, ce qui explique le ton volontairement puéril adopté par les animateurs Philippe Dana et Valérie Payet.
Ceux-ci sont chargés par Bugs Bunny (doublé par Guy Pierrot, l'un des doubleurs incontournables de l'époque) de trouver des idées d'émissions "pour les jeunes".
Certains passages et répliques de l'émission sont restés gravés dans la mémoire des téléspectateurs et sont souvent cités sur les forums internet. Un exemple marquant étant celle du capitaine Flirt qui lance son fameux : "Salut les ptits pédés !". Cette réplique, malgré sa provocation, fait partie de l'humour décalé et transgressif qui marquait cette époque de détournement télévisuel.
Ecrit et réalisé par Michel Hazanavicius, Daniel Lambert et Dominique Mézerette. Produit par Eve Vercel, Robert Nador et Michel Lecourt. 39 min, couleur, Canal+/DUNE/Warner Bros Télévision. avec Valérie Payet, Philippe Dana.
films utilisés: Les Bérets Verts, Bullitt, The Crimson Pirate, superman Compartiment Tueurs, Une Apres-Midi de Chien, Wonder Woman, La Tour Infernale, Rick Hunter, Freddie etc..
(bien avant les OSS117, en 1993 Michel Hazanavicius cultivait deja sa running joke consistant a tourner les nazis en derision avec cette scene tirée de wonder woman: "
- le nazi: "qu'est ce que vous pouvez comprendre a notre sens du bon delire ?"-
- wonderwoman: "mais t'en a pas marre d'etre nazi ? tu te rend pas compte que c'est du fascisme ?"
Punchline qu'il re-exploitera 13 ans plus tard dans OSS117 "le caire nid d'espions" avec notamment cette scene memorable d'Arsene Mosca :
- OSS:" toi moktar !tu n'est pas seulement un lache , tu es un traitre
comme ta petite taille le laissait deviner...
- moktar : " et toi tu est quoi toi ? hein ? kes ty est hein ? nardine immouk !
- nazi : " silence moktar ! tu est toleré ici !
- OSS:" le 3 eme reich et l'ideologie nazi m'ont toujours rendu dubitatif
- nazi : bla bla, c'est marrant, c'est toujours les nazis qui ont le mauvais role , on est en 1955! on peut avoir une 2 eme chance ?"
Message a Caractere Informatif
Nicolas et Bruno
Ce
tandem fusionnel, révélé par Canal +, étrille le monde du travail par
l’absurde et via une entreprise fictive. Sur les écrans ce mercredi.
Une
entrevue avec les deux créateurs de la Cogip-participations, ça ne
s’improvise pas. Il faut âprement négocier un rendez-vous au milieu
d’un planning surchargé de réunions « Avenir et bordereau » et
« Progiciel et convivialité », se mettre au jour de la récente fusion
avec les Hollandais et ne pas oublier d’imprimer son badge visiteur à
présenter à l’entrée. Sauf que la Cogip, en vrai, n’existe pas. Cette
entreprise fictive possède bien son site web, a inspiré des heures de
programmes de télévision et plusieurs DVD, mais elle n’est que le
produit de l’imagination délirante de deux doux dingues qui ont fait de
la subversion de la culture d’entreprise par le rire une inépuisable
source d’inspiration.
Loin de la Défense, la multinationale pour de rire de
Nicolas & Bruno a établi son siège social dans une chambre de bonne
au sixième étage sans ascenseur d’un immeuble du IXe arrondissement
parisien. C’est là que ces deux grands malades du management par
l’absurde créent de toutes pièces un univers professionnel plus vrai
que nature, devenu le cadre de la Personne aux deux personnes, leur premier long métrage. Une « comédie du réel » dans laquelle les « garçons »,
comme les appelle leur producteur et mentor Alain Chabat, retracent la
misérable destinée du comptable Jean-Christian Ranu (Daniel Auteuil),
revigoré par l’irruption dans sa vie de Gilles Gabriel (Chabat), gloire
déchue de la variété années 80. Herbert Léonard au service du « fonds de roulement transactionnel », il fallait y penser…
L’un est totalement chauve et dégage une décontraction
nonchalante. L’autre a des cheveux et plus de réserve apparente. Les
différences s’arrêtent là. Ces deux énormes bosseurs sont adeptes de la
même neutralité vestimentaire et aussi inséparablezs
qu’interchangeables dans le travail. Au téléphone, ils répondent
toujours à deux, d’un hilarant et faussement naturel « salut, c’est Nicolas & Bruno dans l’appareil »,
grâce à une oreillette stéréo. Leur ordinateur est doté de deux souris.
Mais pour le reste, c’est-à-dire la nuit et les week-ends, chacun a son
scooter et sa vie de famille bien à lui. Trois enfants et un pavillon
aux Lilas pour l’un, un enfant et un petit loft dans le XXe pour
l’autre. « On est un kolkhoze dans lequel tout est en commun, y compris l’ego »,
dit Nicolas & Bruno. Toute distinction du binôme serait
artificielle, la paire est tellement réglée qu’elle ne se coupe jamais
la parole.
Leur apport très personnel à la culture d’entreprise,
c’est le décalage permanent, la démonstration poussée jusqu’au énième
degré des névroses du monde du travail. « On part toujours de la
comédie, mais sur le fil, entre rire et dépression, tendresse et
détresse, commente Nicolas & Bruno. Lors de nos premiers stages, on
a été marqués par ces scènes où l’on voit des gens fondre en larmes
puis partir juste après dans un fou rire. Les gens ne laissent pas
leurs problèmes à la porte de la boîte, et ce qui nous intéresse, c’est
de capter ce moment où tout dérape, où les masques tombent. » Signe de
l’époque, ces gentils dynamiteurs qui votent à gauche ont opté pour la
poilade plutôt que la critique sociale pour faire la peau aux discours
sur l’entreprise cool, citoyenne et durable. « Le côté chansonnier franc-tireur, ce n’est pas notre truc. » Une seule fois, il y a dix ans, ils se sont engagés « frontalement »
en faisant dire à Adriano, leur doublure ridicule de boys-band sur une
telenovela vénézuélienne, que les électeurs du Front national, à la
différence de lui, « ne feront pas la grasse matinée toute la journée ».
C’était jour de législative à Toulon et à cause d’Adriano, le Conseil
constitutionnel a annulé l’élection. Vaccinés, les garçons.
Ils sont nés à Versailles de pères banquier et
magistrat et se sont rencontrés à Notre-Dame-des-Grands-Champs à l’âge
où l’on rêve de belles choses. « Dans la vie, en
général, les gens veulent s’en sortir. A Versailles, c’est différent ;
il faut en sortir, échapper par tous les moyens au scoutisme, au
catéchisme. » Leurs premiers boulots d’été en supermarché ou à
l’accueil d’agences bancaires fournissent la matrice de leurs
déconnades. Accros à la vidéo, ils louent leurs premières caméras,
s’initient à l’art du détournement : faux clips, doublages et autres
caméras planquées. En terminale, ils essaient de financer leur premier
film en montant un Feydeau avec le prof de philo. Raté, le prof part
avec la caisse. Fans d’Objectif Nul, des
comédies-tranche de vie des années 70 et 80 (les films d’Yves Robert,
Clara et les chics types, Pour cent briques, t’as plus rien, etc.), ils
étudient, l’un le cinéma et l’autre à Sciences-po, sans jamais cesser
d’expérimenter, d’espionner des séminaires Herbalife et des salons
d’entrepreneurs. Jusqu’au jour où un de leurs copains chez Virgin leur
signale que leurs « conneries pourraient être rémunérées ».
Ils y réalisent des petits films en interne et se retrouvent à faire
rire les commerciaux sur des doublages de films porno dans le cadre
d’improbables séminaires « force de vente ». Ils
tâtent de la pub chez Young & Rubicam où ils rencontrent Frédéric
Beigbeder, qui leur confie quelques potacheries publicitaires et dont
ils écriront le scénario adapté de 99 francs. Un
parcours qui ne pouvait finir que chez Canal +, où Alain de Greef ira
jusqu’à mettre une équipe de quinze documentalistes à leur disposition
pour écumer les fonds de tiroir des films institutionnels d’entreprise
du monde entier. Ils en tireront plus de 300 doublages pour des Messages à caractère informatif réalisés, par exemple, à partir d’un film de formation pour ambulanciers en RDA.
Longtemps anonymes, ces « Daft Punk du rire »,
comme l’avait titré un jour un hebdo culturel en raison de leur refus
obstiné de montrer leur tête à la télé, sont en réalité des employés
modèles à leur propre compte. Ils travaillent à heures fixes, de 9
heures à 19 heures, sont toujours intermittents du spectacle, n’ont pas
créé de boîte de prod, ne savent « vraiment pas, sincèrement »
combien ils gagnent. Ces entomologistes de la cravate-moustache font
tout de même partie de cette nouvelle génération qui se sert de la
Toile pour faire vivre et prolonger ses créations. Outre le site de la
Cogip, traduit en vrai néerlandais, leurs personnages ont leurs pages
Myspace et Facebook .
En dehors de l’entreprise où ils n’ont jamais
réellement travaillé, les garçons avouent un faible pour la photo, avec
une prédilection pour l’hyperréalisme d’un Martin Parr ou du Suédois
Lars Tunbjörk, qui a passé trois ans de sa vie à immortaliser… des
bureaux. Ils raffolent des mélodies d’ascenseur et du easy listening le
plus bizarroïde. Ils citent un livre, Gros-Câlin de Romain Gary (tous leurs mails se concluent par « gros poutous »),
un pays, l’Inde, et un autre objet de fascination que l’entreprise
ripolinée minitel : Bollywood, thème de leur prochain film. Nostalgie
permanente et kitsch ? « Pas du tout, on n’est pas fans
de Casimir. Ce qui nous obsède, c’est l’esthétique du réel, l’image
plus vraie qu’en vrai. Notre plus grand bonheur, ce serait qu’en
croisant Auteuil dans la rue, les gens lui demandent comment va son
boulot à la Cogip. »
le multi : differents traitements d'une meme scene avec "Berthier"
( fait parti des inedits du dvd )
Amour gloire et debats d'idees etait diffusé dans le cadre du le Vrai Journal
( 38 épisodes, C+ 1997/98)
Les Cadavres Ne Portent Pas De Costards - 1982
Avec Steve Martin, Rachel Ward, Reni Santoni, Carl Reiner, George Gaynes, Frank McCarthy, Adrian Ricard, Sr Charles Picerni 1h31, Le pitch : Rachel Ward fait appel au detective Steve Martin pour retrouver son père disparu. Ce film détourne des extraits de classiques des années 40-50,
grâce à l'utilisation de filtres qui uniformisent les scenes entre elles, et à d'excellentes incrustations d'images.
pour que les champs et contrechamps soient raccord, il a fallu recreer egalement les decors de l'epoque
(travail gigantesque) Le scenario, somme toute classique et sans surprises, tient néanmoins bien la route, ce qui donne à ce film un statut de film noir à part entière. Steve Martin semble ainsi donner la réplique à
Ava Gardner, Burt Lancaster extrait de: "The Killer", Humphrey Bogard dans "Le Grand Sommeil", James Cagney dans "L'Enfer Est à Lui", Cary Grant dans "Suspicion", Joan Crawford dans "Humoresque", Ingrid Bergman dans "Les Enchainés",
Vincent Price, Charles Laughton dans "The Bribe", Ray Milland dans "The Poison", Barbara Steinwick dans "Raccrochez, C'est Une Erreur", Lana Turner, Edward Arnold dans "Johnny, Roi Des Gangsters", Lana Turner dans "Le Facteur Sonne Toujours 2 Fois", Kirk Douglas dans "L'homme
Aux Abois"
Le sourcil circonspect et le sourire en coin de Steve Martin (cf. "The Three Amigos") font ici des merveilles pour caricaturer le personnage emblematique du detective privé a la "Phillip Marlowe".
Le film est dedié a edith head , la grande costumiere d'hollywood don't c'etait le dernier travail
Ce fut egalement le dernier film du célebre compositeur Miklos Rozsa, qui du, pour ce film, retrouver des musiques qu'il avait composé des années auparavant.
Réalisateur: Carl Reiner.
( qu'on a vu incarner "Saul Bloom" dans "Ocean Eleven" )
Kung Pow -
( 2002 Steve Oedekerk )
"Enter The Fist" De Steve Oedekerk. ( auteur egalement des parodies tournées avec des pouces, la série de "Thumbs") mais il a egalement realisé "Ace Ventura" et les "Professeur Foldingue" avec Eddie Murphy. Avec Steve Oedekerk, Fei Lung, Jennifer Tung, Philip Tan, Tad Horino, Ron Yuan,Woon Young Park, Joon B.
Kim, Leo Lee, Ling Ling Tse, Lin Yan. 81 minutes.
Détournement d'un
vieux film de kung -fu "Hu He Shuang Xing" (sorti en Chine en 1976) dans lequel Oederkerk a incrusté de
nouvelles scenes tournées en 2002 Cette technicité d'incrustations d'images est mise au service de gags potaches ( les doublages sont même parfois déliberement décalés). la scene du combat avec une vache "façon matrix" est une des plus memorables Oedekerk affiche une condition physique et une maitrise des arts martiaux remarquables.
A voir impérativement en VO (sinon, s'abstenir, pour cause de très probable déception) certains délires d'oedekerk etant difficiles a doubler, ils ne valent le coup que si on entend la voix de son auteur comme par exemple cette chinoise qui ne s'exprime qu'a base de RRrrr ou de WOUI OU WOUI
La Vie Privee Des AnimauX - Patrick Bouchitey
Détournement avant-gardiste de documentaires animaliers. Doublé sans fioritures
(un micro, une réverbe et quelques bruitages reduits au minimum)
Cette oeuvre sans prétention et unique en son genre, a eu ses heures de gloire sur le petit écran au debut des années 90. Dispo en dvd depuis Noël 2005
Une interview interessante de 2008 de Bouchitey sur ses doublages animaliers, extraits :
" mon style ? je suis pas un imitateur , mais je me suis aperçu que j'avais une technique que j'avais elaboré avec beaucoup de travail, le fait que ce soit uniquement ma voix, donne un style a l'ensemble ."
" je prend des petites voix pour faire parler les petits animaux ou les femmes ou je joue sur les graves pour d'autres ."
"mais ce ne sont pas tellement les accents ou les changements de voix qui comptent mais plutot d'etre juste dans la partition et dans le rythme de la situation que nous offrent les animaux "
"je prend beaucoup de temps a faire des dossiers, a faire des images et les monter, le montage est tres important mais en dernier lieu , bien que j'ai pris des notes quand je dois les doubler , c'est basé sur une certaine forme d'improvisation pour pouvoir etre totalement
dans l'animal "
"ce travail est tres inconscient, et revelateur de sa pensee, il ne faut pas avoir peur de dire des betises, si on se laisse aller , on peut facilement tomber dans le pipi-caca,"
dans cette scene de son film " Lune Froide "1991 , Patrick Bouchitey nous gratifie, biere a la main, d'un petit détournement devant sa télé en freestyle, exercice basique auquel certains d'entre nous se sont deja livrés un jour ou l'autre
film daté de 1991, bouchitey est vraiment un des pionniers de la discipline . Respect eternel.
TURKISH STAR WARS
( dûnyayi kurtaran adam 1982 )
Peut-etre avez vous déjà entendu un jour l'expression "Turkish quelque chose" sans pour autant savoir de quoi il retournait ? ce Saint Graal du nanar mérite bien de figurer dans cet inventaire, ne serait ce que pour son insousciance a avoir detourné
des scènes de Star Wars, projetées sur un écran derrière les deux héros, assis sur des tabourets et coiffés de casques de mobylettes.
Les 8 premières minutes de scenes spatiales deviennent de ce fait d'un rapport qualité prix imbattable. La bande son n'est pas en reste et vous reconnaitrez entre autre
celle d'indiana Jones qui tourne en boucle dans les scenes de bravoures ainsi que divers sons de films de science-fiction qui vous paraitront familiers...
Ce film est quelque part le precurseur du "Mash up"(realiser un nouveau film en remontant des scenes de films differents ) bande-son, trucages en carton, combats, humour, scenarios, maquillages, montage au ciseaux, cascades au trampoline, jusqu'au grattage de la pellicule pour simuler des flammes,
tout indique la presence d'un Ovni,
dont la teneur en nanardise met desormais la barre tres haut dans la categorie.
le qualificatif de "Turkish" est, notamment grâce à lui, entré dans le jargon populaire.
le texte d'introduction est hallucinant meme si on ne peut s'empecher de soupçonner le traducteur d'etre en partie responsable de l'effet comique obtenu :
"...La Terre avait déjà connu des menaces de cette nature dans le passé... Aucune n'avait pu détruire la Terre. Toutefois, dans certains cas, la Terre s'était retrouvée désintégrée en plusieurs morceaux. Ces fragments de la Terre étaient devenus
des météores...."
"...Les humains n'utilisèrent qu'une seule arme contre cette menace. Ils créèrent une barrière alimentée par le cerveau humain et la force de sa volonté. Un revêtement fait de molécules de cerveaux humains compressés protégeait la Terre..."
" Les deux plus grands et plus forts guerriers turcs se lancèrent dans l'espace avec d'autres humains et déclarèrent la guerre à l'ennemi inconnu. "